mercredi 19 décembre 2012

hommage à Aurore



 Hier France Culture et l'émission sur les docks nous ont permis de visiter le chantier de La Tour Carpe Diem, construite à l'emplacement de la Tour Aurore.
La Tour Carpe Diem, je m'en fiche. Elle est comme de nombreuses autres tours actuelles, à facettes, dansant un peu pour faire semblant d'avoir eu une idée formelle et architecturale. Ridiculement attendue, avec son petit contrat écologiquement correct qui lui donnerait sa raison.
La Tour Aurore était belle.
Une sorte de mille-feuille doré bétonné.
Elle avait su dans sa tournure et son échelle offrir une image simple et moderne.
Oh et puis... Non ! Pourquoi chercher des raisons futiles ?
La Tour Aurore je l'aimais surtout parce que les architectes qui l'avaient réalisée étaient aussi ceux qui avaient fait La Rafale à Reims : Messieurs Damery, Vetter et Weil, architectes. Alors que ce très beau centre commercial fut détruit dans l'indifférence générale, je croyais que je pourrais toujours à la Défense retrouver un rien La Rafale, à l'ombre de l'Aurore. C'est beau les noms des bâtiments non ?
Carpe Diem... Non mais vraiment... Carpe Diem...Vite ! Faisons une Tour Jouir.
Mais comment pourrions-nous nommer cette qualité qui consiste à voir un bâtiment au travers d'un autre ? Comment nommer cet effet de calque transparent de l'imaginaire, cette reconnaissance d'une forme et d'un espace dans un lieu réel et différent ?
Alors, une fois encore, mes rêveries architecturales passeront dorénavant par les cartes postales qui auront su garder la Tour Aurore vivante. Dans le canyon des immeubles de La Défense, mon imagination me fera circuler au pied de la belle tour disparue.
Voyez :





La carte postale SODALFA nous montre à gauche la belle Tour Aurore même si le photographe C. Tétard vise plus certainement la sculpture et la Tour Gan au fond. La lumière est étrange, un rien faible presque trop douce pour ces monolithes. La carte postale fut expédiée en 1986.
Et la nuit tombe :



La carte postale Yvon nous montre Courbevoie de nuit. Elle nous nomme : Tours Aurore, E.D.F et Europe. D'une qualité exceptionnelle, cette carte est imprimée en Draeger Procédé 301 ce qui est le signe en effet d'une grande attention éditoriale. Le temps de pose long fait filer les feux des automobiles en des néons de verre infinis et la nuit finalement éclairée par les immeubles eux-mêmes finit par devenir mauve. Les grilles des façades successives proposent leur géométrie respective dans une sorte de concours néo-géo du plus beau dessin. Magnifique.
Je vous donne, une fois n'est pas coutume, l'oblitération qui joue avec l'Arche de la Défense et permet de dater la carte postale de 1986.



Je trouve dans l'excellent livre Paris Construit, guide d'architecture contemporaine par Ionel Schein, une belle double page sur la Tour Aurore défunte :





Je trouve aussi une belle photographie du chantier de construction de la Tour Aurore dans l'ouvrage Paris La Défense aux éditions du Moniteur :



Et même si Ionel Schein n'est pas très gentil avec elle, je continue à aimer mon souvenir de l'Aurore et pour reprendre les propos de Monsieur Roland Castro, je dirais que, pour ma part, j'aime les tours aux verres fumés qui portent des Ray-ban, celles qui conservent ainsi une sorte de mystère sourd à notre connaissance, celles qui obligent les fumeurs à descendre à leur pied comme un respect qu'on doit leur rendre. Car, voyez-vous je n'en ai pas peur de ce mystère et même il renforce ma fiction.
Vivre le ciel ?
PS : Monsieur Chaslin nous aurait sans doute permis de comprendre, d'aimer un peu mieux les enjeux de ce nouveau phénomène de "reconstruction".

Paris Construit, guide de l'architecture contemporaine
Collection Environnement
Ionel Schein
éditions Vincent, Fréal et Co
1970

Paris, La Défense
métropole européenne des affaires
Cofer, collectif
1989





1 commentaire:

  1. Vous auriez peut-être aimé la tour PB12 de Dubuisson (1973) qui a disparu dans l'indifférence quasi générale

    RépondreSupprimer