mercredi 10 juillet 2013

Villas 60-70






L'année dernière, je passais l'été dans la lecture passionnante de Reconstruction-Déconstruction de Bruno Vayssière, livre important et fondateur d'une pensée sur l'architecture du M.R.U.
Je pourrais dire que cette année, d'une certaine manière je vais faire exactement le contraire !
J'ai en effet reçu hier de la part de Raphaëlle Saint-Pierre son auteur, son nouvel opus : Villas 60-70 en France.
Entre l'expérience individuelle et individualiste de la construction d'une villa et le programme planifié du logement social, il y a bien un espace de pensée bien différent...
Mais on verra que les acteurs des uns sont aussi les acteurs des autres et que d'ailleurs les mimiques de pensées, les réflexions spatiales, les objectifs d'images et aussi les positions radicales trouvent pourtant si j'ose dire un terrain commun !
Quel livre passionnant !
D'abord l'objet éditorial est d'une très grande qualité par le foisonnement de l'iconographie originale parfaitement reproduite. On s'entend pousser des oh et des ah de surprise devant tant d'exemples inconnus, tant de découvertes ou depuis des points de vue intérieurs totalement inédits. On visite les villas, on y entre comme des invités privilégiés, et le texte de Raphaëlle Saint-Pierre nous permet de faire une visite parfaitement en accord avec l'objet architectural.
Le champ exploré par l'auteur est vaste et glouton. Toutes les expériences, toutes les voies sont explorées, de la fin d'un modernisme un peu essoufflé aux délires hippies de l'auto-construction. On voit comment les grands noms de l'architecture réalisent ici leurs fantasmes soit pour eux soit pour des commanditaires souvent aisés il est vrai. Mais il y a aussi des objets modestes, humbles, réalisés par défi, par amitié avec les propriétaires qui acceptent ainsi de suivre les plis et les méandres des expériences les plus absolues... jusqu'à parfois refuser finalement la construction. On retrouve donc ici tous nos architectes préférés : Claude Parent (oui !), Marcel Lods, Paul Chemetov, Oscar Niemeyer, Pierre Szekely ou encore Pascal Haüsermann. Mais on découvre aussi des architectes moins connus de votre serviteur ou des réalisations plus secrètes d'architectes bien connus.
Bref, au-delà de ce qui pourrait être une leçon d'architecture, Raphaëlle Saint-Pierre nous offre surtout un panorama sérieux du point de vue de l'analyse historique mais également joyeux, heureux, dont on partage l'envie et ses propres plaisirs. Il ne s'agit pas d'un livre militant mais bien d'une forme de générosité à donner à voir et connaître la très grande richesse de ce type de construction dans cette période.
Le regard de Dominique Amouroux dont nous apprécions tant ici le travail vient en quelque sorte se poser comme un garant dans une préface amusée qui replace le travail de Raphaëlle Saint-Pierre dans l'époque.
Il s'agit, vous l'aurez compris, pour tous ceux qui comme nous, s'intéressent à cette période architecturale, d'un livre simplement indispensable.
L'architecture du livre propose d'abord une approche historique générale en traversant les grands thèmes comme la modernité, la poétique des formes, la pensée écologique. Puis une très belle chronologie, nous donne à voir une petite quarantaine d'exemples tous détaillés, illustrés, analysés !
Je vais vous en montrer quelques extraits bien plus pour vous donner l'envie à votre tour de lire cet ouvrage qui, à cette période de l'année, est parfait pour former des rêves d'un ailleurs...
Ne me reste qu'à remercier Raphaëlle Saint-Pierre et les éditions Norma pour cet envoi, belle surprise de cet été et n'oublions pas que l'auteur avait déjà réalisé Villa 50 en France chez le même éditeur. Il semble qu'il y ait ici, en quelque sorte, une œuvre qui se construise.

Villa en France 60-70
Raphaëlle Saint-Pierre
Préface de Dominique Amouroux
NORMA éditions
isbn 978-2-9155-4242-4
65euros, achetez-le, offrez-le...


André Bruyère, Lourmarin, 1973-74

Pierre Szekely et Henri Mouette, ADAGP.

Pernette Perriand et Jean-Louis Lotiron, Caravane Fleur.

Steve Baer, Maison en zomes, 1967.



On retrouve aussi le Grand Reiser qui nous avait bien régalé ici d'un beau dessin sur les bunkers !

Henri Delekta et Jean Daladier, 1969-70


Une grande découverte déjà évoquée par Sylvain Bonniol : George Adilon.

Monsieur Parent et la somptueuse Villa dans l'Eure, un rêve...


les élèves de Mr Parent : Jean Nouvel, François Seigneur ont bien compris la Fonction Oblique


vivre là... vivre...


Je finis avec sans doute pour moi l'une des plus belles réalisations, celle de Marcel Lods.
Ici, le sens de l'économie, celui du dessin, celui de la structure sont portés avec une radicalité parfaite et sévère que j'aime beaucoup.

Nicolas Fussler, copyright.
Nicolas Fussler, copyright.

copyright Nicolas Fussler

19 commentaires:

  1. M'en vais commander ça tout de suite ! ...

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  2. Euh !... c'est pas 45 Euros mais 65 ...

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  3. OUI ! soixante cinq...en même temps cela correspond mieux à la période...!
    C'est un beau cadeau que vous vous faites Johannes !

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  4. Je ne sais pas si vous en avez déjà parlé, mais les maisons de Daladier dont vous présentez la double page sont en vente sur le site architecture de collection. L'occasion d'en montrer quelques images ?

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  5. Maison Delbigot y vivre OUI j'en suis le propriétaire c'est magique!!!

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    1. et bien ! je vous envie ! Racontez-nous cela ! C'est un bien bel objet et si important pour l'histoire de la relation Jean Nouvel-Claude Parent !
      merci !

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  6. Je cherche des images De la maison Delbigot (autres que celles du livre).

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  7. De l’espace de la lumiere. Un rythme graphique (la matière brut du banchage bois).Les tensions de la structure. Abolition des frontières intérieure exterieure. Une impression constante de mouvement !

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  8. Le banchage est sublime les traces du bois sont bien visibles.Graphiquement le rythme est super.La lumière vient de partout.Seul inconvénient la maison a été isolée par l'extérieur mais ce n'était pas possible autrement.La frontière intérieur extérieur n'existe pas !!!Les volumes sont extraordinaires.C'est une sculpture qui sort de terre.

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  9. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  10. des images ? L'isolation me fait un peu peur...En tout cas sans doute une œuvre majeure. Merci pour ces informations Lezartrankil.

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  11. L'isolation est en shingle gris.C'est madame Delbigot qui la fait faire peu de temps après l'avoir habitée.

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  12. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    1. non en effet ! sans doute que cela n'est pas possible. essayez par mon courriel.

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  13. MISE AU POINT: 1ère Page
    La récente multiplication de questions en provenance de medias et d'échos diffusés par les réseaux sociaux, probablement dus pour partie à la parution d'un remarquable ouvrage concernant la construction d'habitations dans les années 70, m'amènent à poser cette question:
    Une société, peut-elle s'attribuer les travaux originaux d'un salarié, au seul prétexte qu'elle le rétribue. A fortiori, lorsque les fonctions pour lesquelles il avait été engagé, sont sans rapport avec cette partie de son activité.
    Mais avant de donner les raisons de cette interrogation, je me dois de dire pourquoi. C'est la plus nécessaire des précautions oratoires.

    Jean DALADIER n'est pas le concepteur de ces constructions. Rien, tant dans sa formation que dans ses occupations antérieures à notre rencontre, ne lui permettait de revendiquer une quelconque expérience dans ce domaine. Toute action dans cette spécialité, s'est d'ailleurs éteinte après notre séparation, courant seconde moitié des années 70

    La situation prend effet dans la première moitié des années 60, peu de temps après son achat pour usage personnel de l'immeuble situé à l'angle du Quai de Montebello et du quai de la Tournelle dans ce quartier de Paris appelé " ILOT III ". La mise en état d'occupation nécessitant une intervention lourde, tant sur le plan technique qu'architectural, et la perspective d'une opération commerciale importante par le rachat des immeubles de ce quartier (Société Anonyme de Gestion Immobilière " SAGI ", dont son beau-père - André WEILL- est l'acteur principal), l'amènent à être à l'origine de la création de deux sociétés, dont la dénomination est suffisante pour définir leur destination:
    - la "SOMHACO" - Société pour la Modernisation de l'Habitat et de Construction
    Bureau Technique dont la vocation est l'étude des constructions à restaurer
    - la "SCRIA" - Société pour la Construction et la Restauration d'Immeubles Anciens
    Entreprise Générale dont la vocation est la concrétisation des Etudes de la SOMHACO
    Je suis engagé pour être le responsable du Bureau d'Etudes
    Joseph NICOLAS est engagé pour être le responsable de l'Entreprise

    Les opérations se déroulant sans difficultés majeures, Jean DALADIER envisage dans le courant de la seconde moitié des années 60, la diversification des activités en répondant à un concours de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier "CECA". Le thème visant pour l'essentiel, l'utilisation maximum des produits dérivés de la sidérurgie dans la construction d'habitations, était à l'évidence, fondamen-talement différent des occupations de la SOMHACO. La sanction par les résultats du concours l'a d'ailleurs immédiatement prouvé.

    Mais ceci m'a amené à lui proposer de concrétiser l'objet de la thèse que je développais déjà à l'époque et dont le sujet était, entre autres, l'utilisation des Solides Réguliers dans la Construction, principe qui visait à la standardisation des éléments constitutifs d'une structure.
    L'intérêt de cette approche qui était la préoccupation générale du moment, et les avantages fiscaux accordés dans le cadre de ces pros-pections, joints aux aides à la recherche qui en découlaient, l'ont incité à tenter l'expérience.

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  14. MISE AU POINT: 2ème Page
    Il m'a donc donné carte blanche pour la mise en place de l'affaire, dans la stricte mesure où ce supplément d'activité soit sans conséquence sur mes charges courantes. Comme par ailleurs, cette élaboration était trop complexe donc trop onéreuse pour justifier la formation d'un assistant spécialisé, il m'a chargé d'assurer seul l'ensemble des actes nécessaires à la concrétisation.

    J'ai choisi, pour la matérialisation du projet, 3 modèles mathématiques différents qui ont conduit aux 3 constructions érigées sur la commune de Saint-Julien-du-Sault dans l'Yonne. Une 4ème a été érigée à POISSY dans le département des Yvelines. J'en ai établi les plans, tant architecturaux que techniques, et j'en ai assuré la direction de l'édification

    Que ceci soit bien signalé: aucun document, de quelque nature que ce soit n'a été élaboré par autre que moi. Ils ne figurent d'ailleurs nulle autre part que dans mes archives personnelles. De toute façon, nul dans l'entourage immédiat n'était en capacité de les exploiter, a fortiori de les créer.

    Je considère comme important de souligner ce qui suit: Il ne peut en aucun cas s'agir de "création spontanée".
    Ces structures sont issues d'êtres géométriquement purs, au même titre que le cube ou la sphère par exemple, mais évidemment beaucoup moins simples. Elles ne laissent aucune place à l'interprétation sentimentale.
    L'une d'entre elles par exemple (Trois Coupoles), est issue de l'interpénétration partielle de trois tronçons d'un Solide Archimédien appelé le "Rhombicosidodécaèdre" dont la nature, comme ceux de la même famille géométrique, est régie par le "Nombre d'Or". Leur manipulation exige une bonne maîtrise des lois de la géométrie avancée. La structure nue issue d'un de ces volumes, exposée au Musée de l'Art Moderne, magnifiquement soulignée par le peintre Jean DEGOTTEX en est la preuve évidente.
    A ceci s'ajoutent la fabrication qui s'appuie sur les règles rigoureuses de la stéréotomie, compliquées des critères de résistance globale, et le montage qui a nécessité la fabrication d'un outillage spécial dont je suis également l'auteur.

    Je remercie Jean DALADIER de m'avoir permis de m'exprimer dans ce domaine qui est celui de mes recherches personnelles. J'ai pu, grâce à lui, réaliser ces formes, tant sur le plan architectural que technique et en assurer la matérialisation sur chantier, à titre évidemment dépendant puisque j'étais salarié dans la société dont il était le gérant. Mais ma reconnaissance s'arrête là.
    Hormis ma position administrative en tant qu'employé, je revendique la totale propriété intellectuelle de ces ouvrages.

    Le silence que j'ai observé depuis ces créations est la preuve de mon peu d'empressement pour la publicité personnelle.
    En revanche, je refuse formellement l'appropriation de mes travaux par autrui.

    Je suis à la disposition de ceux que la situation intéresse
    Ils peuvent me joindre à : henri@delekta.com
    ou à partir du pavé GOOGLE : henri delekta

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