samedi 11 mars 2017

Paysage avec cubes

L'avion a dû faire un peu peur aux habitants.
Il est passé une fois, puis une autre, au dessus de la Cité E.D.F de Meximieux, il est passé bien bas.
Ce qui est amusant, c'est qu'il devait y en avoir deux, l'un pour les éditions Cellard, l'autre pour les éditions Combier.
Commençons par Combier :




L'éditeur choisit donc le mode aérien pour montrer cette Cité E.D.F dessinée d'après lui par Gabriel Roche, architecte D.P.L.G. de Lyon. On sait que ce cadrage permettra à un plus grand nombre d'habitants de pouvoir se situer dans la Cité et donc de désirer envoyer la carte postale... Logique commerciale autant qu'esthétique.
Cette carte postale Combier ne nomme pas le photographe-opérateur qui volait et photographiait en même temps. Combier oublie aussi de dater et de nommer René Gagès !
Car cette très belle architecture de logements est bien de René Gagès également, associé à Gabriel Roche.
L'écriture sobre mêlant un béton brut de décoffrage et une superbe volumétrie moderniste font de cet ensemble sans doute l'un des plus réussis du type des logements regroupés en France. Une fois encore, la démonstration d'un logement collectif, dense et paysager est faite. Une fois encore on s'étonne qu'aujourd'hui ce type soit abandonné au profit d'une lèpre pavillonnaire inondant par lotissements entiers nos paysages sous le regard satisfait de petits maires heureux de voir remplir les écoles. Le permis de construire offert aux lotisseurs-pollueurs étant une arme contre la fuite des habitants et des services publics, le rêve du chez soi devient l'enfer de nos paysages. Ici, regroupés en grappes, maintenu serrés sans effet de masse trop dur, laissant la place à la chance d'un aménagement paysager et à la circulation subtile entre espace privé et public, les constructions de René Gagès et Gabriel Roche font acte d'architecture mais aussi de citoyenneté. L'architecture intelligente, belle, puissante même, maintient dans le paysage pourtant protégé de Perouges, une grande idée de la ville et de l'habiter.
Une leçon.
Continuons avec Cellard :




D'un peu plus près, la carte postale nous permet de mieux saisir l'architecture et les emboîtages des volumes. On pourrait regretter que les toits-terrasses ne soient pas travaillés pour leur accessibilité. Aujourd'hui, tout est toujours en place. Le béton a été peint en blanc. C'est dommage. La végétation a pris aussi une importance forte qui invente, au milieu de la verdure, la surprenante et belle surprise de cubes dans le paysage.
On ira à Meximieux voir cette beauté soudaine.
Notons que le CAUE de Haute-Savoie a édité un ouvrage sur René Gagès qui comporte un interview de Gabriel Roche. Certainement très intéressant !
http://www.caue74.fr/ressource/culture/publication/rene-gages-la-permanence-de-la-modernite.html



Quelques extraits du livre René Gagès, les chemins de la modernité publié en 1988 par Mardaga :



1 commentaire:

  1. LECLERCQ URBANISTE13 mars 2017 à 18:29

    de l'urbanisme matiné d'architecture, du pur Gagès : grand homme que j'ai l'honneur de rencontrer en 1968 ...

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