dimanche 17 juillet 2016

We're stressed out in Reims

 

Jean-Michel Lestrade s'ennuyait ferme sur ce projet. Rien de particulier, aucun grumeau technique à résoudre, juste appliquer au mieux les résultats et les chiffres donnés par la règle à calculs. Il regardait le dessin pauvre, il attendait sans doute que quelque part, la future tour lui joue un tour et l'oblige à revoir ses calculs. Mais non, rien.
Lui qui aimait les structures, les appuis, les défis, ici, il devait juste donner un socle solide pour que la gravité n'emporte pas la construction lourde au centre de la Terre.
Il regarda une dernière fois les plans. Il souffla un peu. Il se promit de terminer demain au plus tard, pour passer rapidement à un autre projet plus intéressant car plus ardu.
Il éteignit la lumière sur le bureau de l'agence, ferma la porte, monta dans un silence religieux les escaliers pour ne pas réveiller Gilles et Mohamed qui dormaient déjà.
Il se dit qu'il faisait tout cela pour eux parce que c'est du travail et que c'est facile de gagner là un peu d'argent. Il fallait bien faire tourner l'agence et parfois ce type de chantier en amenait un autre plus palpitant, plus solide, plus étrange. Et puis, à Reims, il profitera de la visite du chantier la semaine prochaine pour remplir le coffre de la Ds d'une caisse de Champagne pour les Fêtes. Cela lui amena un sourire sur le coin des lèvres, il posa sa Lip sur la table de chevet en ayant soin de bien la remonter et il entreprit de finir son roman de science-fiction offert par les enfants pour sa fête des pères. Il ne se vit pas s'endormir. Le livre tomba de ses mains sur le sol sans que cela ne réveille personne dans la maisonnée. Un bruit léger de feuilles mortes..........


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 - Oui, je comprends bien ta position, mais c'est une position que tu tiens depuis une image et non depuis le réel !
 - Ah ! Encore ce débat sur l'image et le réel ! Non, tu vois, là, Alvar, je ne te suis pas. C'est bien du réel, ça, regarde ! Ne me dis pas que tu ne vois pas comme moi, une construction et que cette image, cette carte postale n'est pas aussi du réel !
 - Oui, ok ! David mais toi ne me dis pas que tu peux tout saisir de ce réel depuis cette représentation !
 - Oui, bien ! J'admets mais... Laisse-moi au moins la simple joie d'aimer les images et de leur trouver dans leurs qualités des possibilités de comprendre et d'apprendre. Ce n'est peut-être pas tout le réel mais c'est une porte d'entrée.
 - Aaaah... On n'y arrivera pas ! Mais ce n'est pas grave.
 - Ne me dis pas que tu ne trouves pas à cette image un potentiel poétique, fictionnel et même documentaire ? Regarde ! De tous tes yeux regarde !
Jean-Jean et Mitica regardaient depuis cinq minutes leur père et David se chamailler autour de cette carte postale. Les deux fils d'Alvar depuis quelque temps avaient aussi remarqué que les deux compères se tutoyaient sans avoir pu noter à quel moment, ils avaient franchi cette barrière.
 - Qu'en pensez-vous les gars ? demanda David en présentant sous les yeux des deux adolescents la carte postale.
 - Oh la ! Moi je ne me mêle pas à vos petites bagarres ! Répondit immédiatement Mitica, moi l'architecture je m'en balance, tu sais.
 - Moi, je pense comme vous David, rien que pour contredire Papa, ça me plaît trop de le voir ainsi philosopher ! reprit à son tour Jean-Jean. Et, franchement, je comprends votre position, elle est tout de même étrange cette carte. Et puis cette tour là, isolée toute seule, sur ce ciel blanc, je la trouve assez belle en fait.
 - Ah ! Mais je reconnais bien cette qualité, mon gars mais de là à porter un jugement architectural sur cette construction...
 - Mais si! Justement ! Alvar ! Si une construction permet une telle image c'est bien qu'elle a une certaine qualité ! appuya David.
 - Mouais, enfin... c'est un peu dur comme qualité !
 - Eh bien, laisse moi aimer cette dureté !
 - Moi, à Reims, j'aime mieux le Champagne ! affirma d'un coup Mitica.
 - Oh ba toi, depuis que tu as découvert les vignes, y a rien d'autre qui t'intéresse ! D'ailleurs, je crois bien qu'hier soir, tu les as vachement découvertes les vignes si j'en crois ton état à ton retour de soirée...
La conversation s'arrêta net. Tous regardèrent Mitica avec curiosité, cherchant dans le visage de ce dernier une preuve de ce que venait d'énoncer son frère.
 - Oui... D'ailleurs j'avais dit retour à 1h du matin pas à 3h... Si tu crois qu'on ne t'entend pas rentrer... reprit Alvar en appuyant un index sur l'épaule de son fils.
 - Ba... j'ai préféré me faire conduire que de revenir tout seul un peu éméché.
 - Un peu ! Non mais la franchement frangin ! Tu délires, t'étais fin bourré ! J'ai dû te coucher !
 - Bon, bon, on reprendra cette discussion ce soir. Là, on discute avec notre invité. Et franchement, entre le frère qui ne rentre pas à l'heure et celui qui cafte, je ne suis pas certain de savoir qui est le plus moral.
Un silence se fit sur cette dernière réplique d'Alvar. Mitica quitta la pièce avec son frère qu'on entendit chuchoter quelques prénoms d'amis de la soirée. Depuis la chambre de Jean-Jean on pouvait entendre maintenant Twenty one Pilots entamer leur fameux Lane Boy.


 Alvar et David restèrent seuls devant cette carte postale.
 - Reims ? Reims... il n'aurait pas travaillé sur La Rafale à Reims ton grand-père ? C'était un superbe bâtiment brutaliste de Damery, Vetter et Weil qui fut détruit il y a peu...
 - Ah ? Voyons... Dossier... Reims... Voyons... Non... Pour Damery, il y a ça mais à la Défense.
 - Enfin oui ! Ce n'est pas le centre commercial La Rafale mais c'est bien de Damery, Vetter et Weil ! Voilà ! La Tour Aurore ! Ça c'est de l'architecture et ça je l'ai vu Môssieu ! Je peux l'affirmer !
David exultait à la fois de la construction et de pouvoir reprendre la conversation sur les images.
 - Oui ! Mais avoue tout de même que celle-ci est un peu plus intéressante que celle de Reims ?
 - Ah non... Voilà que tu recommences...
Les deux amis continuèrent leur conversation animée. On entendit juste dans la cuisine le bruit assourdi d'un bouchon sautant d'une bouteille.
Mitica venait de trouver dans le réfrigérateur le Champagne rosé apporté par David pour le repas du soir.
 - C'est du Rosé mais ça fera l'affaire ! dit-il en servant à son frère et à sa mère Émilie une coupe du-dit breuvage.
Maintenant depuis la chambre de Jean-Jean, on pouvait entendre celui-ci chanter sur la musique :
    "..........When our momma sang us to sleep but now we're stressed out
      We're stressed out......."

 par ordre d'apparitions :
 - Reims, Quartier Wilson, nouvelles constructions, édition Jacques Freville. Pas de nom d'architecte ni de photographe.
 - Courbevoie, quartier de la Défense, éditions Yvon, impression Draeger procédé 301 (un must). Pas de photographe nommé.








mercredi 13 juillet 2016

Habiter et écrire la Cité Radieuse

Pour un collectionneur, tout collectionneur, il y a des épiphanies.
Vous connaissez certaines des miennes : rencontre avec Claude Parent, découverte du fonds Bueb ou Persitz (merci Claude Lothier), trouver une carte de Sainte-Bernadette-du-Banlay ou comprendre comment un photographe de cartes postales surgit dans son image.
Pour un collectionneur, tout collectionneur, il y a des regrets : la carte postale de l'intérieur du Palais des Congrès de Royan introuvable, perdre une carte, regretter de ne pas en avoir acheté une, ou se rendre compte que les correspondants ne disent finalement que peu de choses des endroits qu'ils choisissent d'envoyer.
Eh bien, j'ai la chance de pouvoir vous dire que je vais faire de ce dernier regret... Une épiphanie !
Voilà que j'achète quatre cartes postales de la Cité Radieuse dont trois que je possède déjà mais qui sont rares et peu chères et donc irrésistibles. J'attends surtout avec impatience l'une d'elles qui m'est totalement inconnue et m'intrigue, les autres ayant déjà eu droit à des articles, vous les reconnaîtrez si vous êtes un fidèle. Mais ma surprise fut de voir qu'au dos de ces cartes était écrit un long texte par sa correspondante Brigitte, qui, de verso en verso, en quatre chapitres donc, évoque son installation dans un appartement de la Cité Radieuse !
C'est un document exceptionnel car c'est très rare d'avoir ainsi, au dos de l'image, quelqu'un qui raconte son rapport au lieu avec une telle intimité. C'est une première main de l'usage !
Je ne sais rien de Brigitte, sauf son état de santé au moment de l'écriture et qu'elle a une fille Isabelle-Jean et un mari, Robert (?). Je ne sais pas son âge, son métier, ce qu'elle est devenue mais on sait son nom de famille, Gauthier et même à quel numéro elle habite : N°500 . Si elle se reconnaît... ou si un habitant de la Cité Radieuse se souvient d'elle qu'il nous écrive ! Par contre, on apprend bien son rapport à l'architecture. On la sent assez heureuse et objective, pesant le pour et le contre et tentant de faire de sa nouvelle vie une chose positive. Peut-être que c'est en partie pour rassurer son auditoire, pour ne pas trop effrayer ceux qui liront et verront ces cartes postales. On verra que parfois, Brigitte n'est pas très précise ou exagère un peu certains traits. On s'amuse qu'elle ait mesuré certains espaces pour bien donner une idée de ceux-ci, ce qui prouve un vrai désir d'offrir chez le correspondant une spatialisation des images et du texte. On s'amuse aussi qu'elle évoque le grand choix de cartes postales disponibles mais qu'elle ne veut pas se ruiner en les achetant toutes ! Elle a donc dû bien choisir. Nous la remercions car la carte postale avec la petite fille qui ouvre une porte est juste... très rare... J'ai même cru qu'elle pouvait ne pas être de la Cité Radieuse. J'ai eu du mal aussi à saisir exactement sa localisation dans un appartement car on lit mal l'espace à gauche sous les volumes peints de triangles. Cette carte postale est peut-être une carte-photo faite sur papier déjà préparé. On retrouve au verso la séparation pour la correspondance mais de manière très très discrète. Un tampon de l'Agence Voyagence vient affirmer que cette carte fut bien vendue sur place. S'agit-il d'une petite édition supplémentaire ? Vite faite, pour tâter le marché ? Une petite édition pirate d'un amateur ou d'un club photo ? C'est la seule qui ne soit pas signée du photographe Louis Sciarli. Mystère...
On aimerait savoir de quel type d'appartement il s'agit et aussi qui est cette jeune demoiselle et posant pour qui ? Est-ce la même petite fille qui est visible sur la carte postale de la terrasse ? La même séance photographique ? D'autres cartes dans la même série furent-elles éditées ? La qualité du tirage très doux pourrait laisser penser à une édition amateur. On notera que l'appartement représenté est un appartement vraiment habité, pas un appartement-témoin. La qualité du mobilier dit bien que les habitants venaient avec leur mobilier et ne cherchaient pas à se meubler en Moderne ! C'est d'ailleurs bien ce que raconte Brigitte qui va, elle-même, réutiliser des rideaux des anciens habitants. On aimera ici l'aquarium au pied du lit, lui-même posé contre la séparation. On aimera la surprenante petite sculpture de fil de fer faisant penser au cirque de Calder.



Chaises de paille, appliques d'après-guerre très euh... comment dire... tout cela suffit à reconnaître un lieu de vie. On aimera aussi que le (la) photographe demande à la petite fille de faire jouer les espaces en ouvrant la porte et en laissant ouverts tous les placards. Il faut raconter les espaces.
Si on regarde bien, on peut reconnaître l'abat-jour diabolo de l'autre carte et même les chaises.







Enfin, le scanner et un peu d'attention permettent de reconnaître également la petite fille, par exemple, grâce à son épais bracelet au poignet droit.

 



Nous voici donc avec quelques réponses sur ce moment photographique. Même modèle, même appartement, même moment, même photographe. Mais pourquoi une si grande différence d'édition et pas de signature de Louis Sciarli ?
On comprend aussi, vu le coffrage sur la cage d'escalier qu'il s'agit d'un appartement du type descendant si je ne me trompe...



La première carte postale, celle de la Cité vue de l'extérieur est vraiment incroyable, pas pour sa prise de vue, déjà publiée mais pour son texte ! On y apprend les pratiques touristiques de la Cité Radieuse avec le prix et la régularité des visites, ce qui en dit aussi long sur le marché des cartes postales à disposition à la fois des habitants et des touristes. Brigitte Gauthier nous raconte même exactement sa position, comment elle observe tout cela mi-amusée et mi... agacée ! Des visiteurs sibériens !! ? Et qui mitraillent dans tous les coins ! Génial !
Brigitte a fait une croix superbe, fine, précise sur son appartement. C'est toujours pour moi merveilleux de voir comment dans une image multiple, l'expéditeur se situe, retrouve son lieu, s'approprie son image.



On regrettera que Madame Gauthier n'ait pas daté sa correspondance et on remerciera les collectionneurs qui ont conservé tout au long de ces années ces cartes postales ensemble pour que ce beau témoignage, cette belle histoire de la cité Radieuse conserve son intégrité.

Je vous propose donc de voir le texte et sa carte postale en quatre chapitres en maintenant le fil de la correspondance. Les difficultés de lecture seront écrites en bleu, mes commentaires en vert dans le corps du texte. Je m'excuse auprès des fidèles de ce blog pour le retour d'images déjà vues et je vous demande de vous réjouir de la très rare carte numéro III ! Merci de ne pas copier ces images sans mon autorisation (que je donne facilement si on a la gentillesse de me la demander) et de respecter mes droits d'usage de collectionneur.

Toutes les cartes postales sont des éditions et prises de vue de louis Sciarli sauf la numéro III non attribuée. Toutes sont tamponnées de la concession Voyagence, concessionnaire du Service de Visite.


On commence ?

carte postale N° I



Mes chers petits enfants,
Vous devez croire que nous vous avons définitivement oubliés... et pourtant ! Depuis votre départ nous  menons la véritable vie de fous. Et je vous écris en ce moment du hall de l'immeuble en attendant le cadre. (Personnel d'entreprise ? Responsable de la Cité Radieuse ?) Robert lui, est tout en haut. Leur fourgonnette vient d'apporter nos 5 caisses et comme le déménageur exige que l'on signe sa décharge aujourd'hui, que nous n'aurons les clés que demain... il est en train de scier les cadenas avec une scie à métaux. 
Alors voilà ! Allons bon ! Le guide veut absolument m'emmener dans la visite... Ils sont une trentaine de types en short et parlant sibérien qui viennent tous de payer 150 frs pour visiter l'immeuble ! 150 frs... Ça me dégoûte d'y penser ! Et il y a une visite toutes les demi-heures. Inutile de vous dire que tous les touristes ont un appareil de photos sinon une caméra et ils mitraillent dans tous les coins.
J'écris sur mes genoux ! Alors pardonnez l'écriture !
Donc voici notre maison ! Ale (elle ?) est toute petite et notre appartement : Gauthier N° 500 Cité Radieuse ; Marseille est...

carte postale N°II

 

...marqué d’une croix. Sur le toit vous avez des tas de cheminées d’aération, la cage d’ascenseurs (4 de 20 personnes chacun et puis des tas de coins et de recoins où l’on peut s’asseoir sur des bancs en surveillant le Bic (?) par exemple. Sous le grand hangar en béton se trouve la piscine des enfants.
La carte N°2 représente le living-room-côté ouest avec la terrasse. Nous avons une vue magnifique sur la rade et la mer Largeur 1m95 (?) sur ? m (?) La terrasse est petite mais on peut quand même y mettre un parc et j’aurai des plantes, no ! Notre living-room est bleu et bleu gris + blanc. Les rideaux sont en grosse toile unie bleue et orange. Ce sont ceux des castres. Je ne les aurais pas choisis ainsi mais ils y étaient... et comme nous ne savons pas pour combien de temps nous sommes là... La carte N°3 représente l’autre côté du living-room, côté lit. Nous mettrons le nôtre dans l’autre sens. Ça tiendra moins de place. Derrière l’espèce de demi-muraille, il y a une pièce minuscule qui sere la chambre...


carte postale N°III



...d’Isabelle-Jean. Les triangles de couleurs différentes : le dessous d’escalier chez nous : bleu, gris, noir et blanc. La porte s’ouvre sur un couloir entouré de 9 placards (+7 en haut) tous de différentes tailles et il y a une penderie de 1m 50 de long-- Il y a aussi dans les chambres. La porte à droite au fond ouvre sur la salle de bains.
La carte N°4 est une vue du haut. Le bout de la salle à manger et la cuisine. Pas de séparation nette... là, on sent un regret pour cet espace ouvert. Brigitte n'a sans doute pas pu parler avec Charlotte Perriand ! et 2m 20 de plafond mais on s’y habitue très bien. La belle dame souriante ouvre la glacière. juste à côté le double évier, nickelé. Sous le placard fermé la cuisinière électrique et des placards tout autour, en bas et en haut. On entre par la porte de gauche. Il y a une toute petite entrée où nous mettrons résignés le frigidaire.

C’est tout. Il y a encore des cartes des chambres mais je ne veux pas quand même pas me ruiner. J’espère que je ne vous ai pas barbés. Vous aurez ainsi une idée de notre appartement. Nous sommes ici depuis 3 jours, courant partout pour  trouver tout ce qu’il nous faut. Nous avons dû chercher et trouver...

carte postale N°IV

 

...des transformateurs, tout notre matériel étant en 110W et ici il y a du 220 W. Brigitte confond Volt et Watt. Il a fallu aussi poser après avoir acheté tout le matériel électrique et Robert a turbiné toute une journée. Il reste encore les plaques de propreté et suis à ranger - et ce sacré cadre qui n’arrive toujours pas. Je commence à avoir des crampes. J’oubliais de vous dire qu’il y a aussi un casino (épicerie) au 3ème et que j’y trouve tout ce que je veux y compris le pain, le lait et la viande.
Demain déménagement à Veutrol et nous nous installerons définitivement ici lundi. J’ai 3 dessus de lit à faire + un nombre incalculable d’abat-jours et j’ai une sciatique dans la jambe droite qui me fait moult mal depuis 8 jours.

Je vais monter voir ce qui se passe... Avant je vous embrasse bien, bien fort.
Brigitte.
Jacques répondra sans tarder à Dominique. c’est un (?) petit orfelin. 



Voilà ! Superbe non ? 
Si vous voulez revoir les articles sur les cartes postales déjàs vues, allez ici, oui... Il y a de la lecture mais vous êtes en vacances !

http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/04/le-carnet-et-le-corbusier.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2013/08/le-corbusier-en-miniature.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/10/meubles-immeuble-le-corbusier.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/02/le-corbusier-habitable.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/04/le-carnet-et-le-corbusier.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/04/une-folie-marseillaise.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/01/la-photographie-accuse-tort.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/02/corbusier-mets-la-table.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/03/pieces-deau.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/09/le-corbusier-dans-ses-meubles.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/09/le-corbusier-2-dedans-2-dehors.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/08/un-reflet-tres-moderne.html




 




dimanche 10 juillet 2016

La lettre d'excuses

Jean-Michel avait découpé dans l'Architecture d'Aujourd'hui le coupon pour recevoir le guide d'architecture contemporaine en France de messieurs Amouroux, Crettol et Monnet. Il espérait avoir la chance de voir au moins l'une des constructions pour lesquelles il avait travaillé y figurer bel et bien.





Lorsque Yasmina alla chercher le courrier et posa sur la grande table de l'agence le paquet, Jean-Michel s'en saisit immédiatement.
 - Ba dis donc Papa, t'es pressé !
 - Oui, j'attends ce guide depuis une semaine Momo.
 - Mais pourquoi autant de précipitation ?
 - Dis-donc Momo, tu ferais mieux d'être attentif à tes plans au lieu de me poser autant de questions.
 - Ok, ok... moi, ce que j'en dis... Tiens Alvar, viens là, toi au moins tu m'écoutes.
Pendant que Mohamed soulevait le petit Alvar par les épaules pour le poser sur ses genoux, Jean-Michel plongeait déjà dans les pages du guide tout neuf et en admirait la mise en page, la clarté et même les petites sentences bien senties des auteurs. Il chercha d'abord à retrouver les constructions qu'il pouvait reconnaître comme ayant été dessinées en partie à l'agence mais bien vite il fut pris au jeu de la curiosité et regardait toutes les pages, une à une, heureux de voir autant de richesses si bien répertoriées.
 - Tu me feras plaisir de te plonger là dedans Momo, c'est formidable ce bouquin !
 - Ba faudrait savoir ! Un coup il faut que je me concentre, un coup il faut que je lise ton livre !
 - Une journée c'est 24 heures... Quand on veut on trouve le temps ! rétorqua immédiatement Jean-Michel.
 - Pour l'instant, je crois bien que c'est d'Alvar dont il faut que je m'occupe, il a faim le petit.
 - Laisse ! Je m'en charge ! Jean-Michel posa le guide au bord de la grande table et emmena le garçonnet, son petit-fils, dans la cuisine. Momo ne put résister et laissa ses calques pour jeter un œil sur le guide. Au lieu de se laisser porter par le hasard comme son père, il choisit de regarder à la fin de l'ouvrage dans l'index des lieux construits et chercha systématiquement ceux pour lesquels l'agence avait participé. Il trouva page 130 son bonheur :






Mohamed remarqua que le nom de son père ne figurait pas dans la liste des noms des ingénieurs. Il pensa immédiatement que cela contrarierait son père et préféra alors ne rien lui dire, laissant ce dernier s'en apercevoir. Il entendait son père demander à Alvar s'il voulait un yaourt puis il accompagna le petit dans la salle de bain pour que Jocelyne et Sidonie le baignent.
 - Alors ?... Momo ? Je parie que tu regardes le guide !
 - Non, non Papa ! J'ai pas le temps, je suis sur un problème avec des reprises de charge sur ce lycée.
 - Mais quel mauvais menteur tu fais ! Tu perdrais toujours au poker si tu y jouais ! Sais-tu que lorsque tu mens tu as ce tic de toujours te gratter derrière l'oreille... oui... Tiens... exactement comme ça...
Momo fut surpris lui-même de se voir faire exactement le geste que son père venait de décrire.
 - Oui... Bon... Et alors...? Il est pas mal ton guide, tiens prends-le...
Mohamed reposa le livre au même emplacement et se remit au travail. Son père reprit donc sa lecture dans un silence profond, assis à la droite de son fils, surveillant l'air de rien l'avancée de ses dessins et de ses calculs.
 - Ah ba voilà ! Non mais... Ah vraiment ! Quand même ! Je vais finir par penser que nous ne faisons rien dans cette agence et que l'on ne sert à rien !
 - Papa, je parie que tu en es à la page 130...
 - Oui ! Mais comment sais-tu... ? Ah mais tu as vu cette erreur sur ce restaurant de Montpellier ? Ils ont osé attribuer l'ingénierie au B.E.T de Lepetit et Lamiraux ! Non mais... Bon ok, ils ont travaillé avec nous mais c'est tout de même nous qui avions le dernier mot. Mais je vais lui écrire moi à ce monsieur Amouroux ! Je vais lui dire ce que je pense ! Quand même !
 - Non mais qu'est-ce qui se passe ici ! On vous entend hurler depuis la salle de bain !
Jocelyne venait d'entrer dans le bureau.
 - C'est Papa qui n'est pas content de s'être fait souffler son chantier dans ce guide ! Comme pour la carte postale ! Tu te souviens ?
Jocelyne demanda à voir la fameuse page et Jean-Michel pointa du doigt ce qu'il appelait une grossière erreur.
 - En effet, je te comprends. Tu devrais leur écrire. Pour la prochaine édition ou pour une publication d'un erratum.
 - Oui Jocelyne, je vais faire ça. Immédiatement. Passe-moi le papier à en-tête de l'agence, là, derrière toi, dans le deuxième tiroir.....
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 - David, que pensez-vous de celle-ci ?
 - Oui, Alvar, elle est superbe ! C'est quoi ?
 - Un restaurant universitaire à Montpellier, le Vert-Bois. Route de Mende.
 - On voit bien la structure et le beau béton. Pas de date ni de nom d'architecte.
Alvar, Jean-Jean et moi-même étions réunis autour de la grande table, un peu perdus dans les documents de l'agence, faisant à la fois le tri et nous laissant porter par la richesse des documents.
 - Si c'est là, dans ce paquet, c'est que l'agence à quelque chose à y voir, affirma Jean-Jean.
 - Tu as raison Jean-Jean. Alvar avez-vous une idée ?
 - Non, David, je ne vois aucun dossier dans les archives. Montpellier c'est bien ça ? Non, rien.
 - Étrange... j'appelle Grand-Père !
Aussitôt Jean-Jean saisit son Iphone et appela Mohamed son grand-père.
 - Ouais, c'est Jean, ouais.... ah ? ouais.... je vois.... non !.... sans blague.... oh putain !... devait être vert ! Ah ? Ouais... Vraiment... Bon... Ok.... je leur raconte... Oui oui, tout va bien... non pas cette semaine... Non... Mitica il viendra la semaine prochaine... Oui.... moi aussi... La bise Papy.... oui, j'y manque pas... Oui ! Salut !
 - Alors ? demanda Alvar, il se rappelle ?
 - Oui c'est une sacrée histoire ! Attends, je cherche le guide d'Amouroux. Tenez le voilà. Ouvrez à la page 130, David.
 - 130 ?
-Oui.
-Ah mais c'est le restaurant ! Regardez Alvar !
-Oui, une page complète ! Mais...
-Oui ! Papa ! Tu as trouvé ! Ils ont attribué l'ingénierie à Lepetit et Lamiraux ! Grand-Père vient de me dire que cela rendit furieux mon arrière-grand-père et qu'il exigea des explications. Il reçut bien une lettre d'excuses mais Papy ne sait pas si elle est encore dans les archives. Malheureusement, aucune correction ne fut faite et cela malgré la demande d 'Amouroux son auteur à l'éditeur.
-Mais pourquoi on a aucune trace, aucun plan ? demanda Alvar.
-Ba de dépit, ton grand-père il aurait fait une belle flambée avec les plans. Je crois qu'on a même de la chance de trouver cette carte postale...C'est ce que m'a dit Papy au téléphone.
-Quelle histoire !
Alvar remarqua que son grand-père  avait ajouté rageusement au crayon son nom sur l'article.
Nous regardions tous les trois ce guide. Puis soudain, contre le plat de couverture, pliée très serrée, un papier fin fut trouvé.
Nous n'avons pas eu besoin de l'ouvrir. Nous nous écriâmes tous en chœur :
-La lettre d'excuses !



Par ordre d'apparitions :
-Guide d'architecture contemporaine en France
Amouroux, Crettol et Monnet
Technic-Union 1972
Dominique Amouroux nous excusera...
-Montpellier Universitaire, le restaurant Vert-Bois, route de Mende, éditions Y.P.A, sans date ni nom de photographe.

dimanche 3 juillet 2016

Oasis éternelle



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On entendit alors, sur le haut de la colline,  Jean-Michel Lestrade crier Azurazia, Azurazia !
Il venait voir la réalisation de son ami Zevaco.
Il venait pour la dernière fois au Maroc, il avait la paume de la main sous le menton de son fils Mohamed qui, lui, ne comprenait pas très bien pourquoi son père adoptif, soudain, ici, à Sidi-Harazem, devant cette piscine thermale, se mettait ainsi à crier un nom dont il ne connaissait pas le sens.
Pourtant, le jeune garçon, comme son père, était abasourdi par l'incroyable lieu. Tout dans ce paysage était saturé d'une aura étrange. Sans doute que la fonction d'oasis éternelle de cette construction venant cueillir les eaux salvatrices dans un paysage aride et beau devait construire dans l'imaginaire des deux visiteurs une image d'un autre monde.
C'est comme si, là, Zevaco avait offert au ciel un écrin.
Le cercle parfait du bassin ombré par le cercle parfait d'un immense parasol de béton, l'ensemble comme suspendu au-dessus d'un plan d'eau osant reprendre à son tour l'émeraude du ciel marocain, tout cela était bien une géométrie superbe régalant l'œil.
La sécheresse brûlante aux pieds des baigneurs de ce béton surchauffé faisait en un clin d'œil disparaître les traces de pas. Rien n'échapperait à la perfection de ce contraste car tout, nature et architecture, n'est que formes parfaites sous le soleil.
Mohamed s'y baigna.
Jean-Michel en fit de même. Ce fut leurs fonds baptismaux. Un père tout neuf, un fils tout neuf.
Azurazia ! Lança à son tour Mohamed au milieu de la piscine.
Ils leur semblèrent entendre en écho, comme revenir doucement du fond des vallons bien après leur départ un autre nom :
Agadir !
Agadir !

 
 

On notera les très beaux dessins de Jean-François Zevaco visibles sur le site du FRAC Centre :
http://www.frac-centre.fr/auteurs/rub/rubinventaire-detaille-90.html?authID=204&ensembleID=1027
On notera que Azuzaria est emprunté à Nicolas Moulin, qu'il veuille bien m'excuser de cet emprunt.
Je n'oublie pas le Maroc, Nicolas. Je n'oublie pas le Maroc, Olivier.
Sur Azurazia, on peut en apprendre plus ici :
http://www.franceculture.fr/emissions/creation-air/acr-cnap-back-azurazia

Par ordre d'apparitions
-Sidi-Harazem, Pisicine Thermale, édition Komaroc S.A.

samedi 2 juillet 2016

Un élève de Perret un peu brut

La carte postale étant une photographie, ici, elle sert la rythmicité de l'architecte. En écrasant l'une des dimensions, en fuyant allègrement, le dessin des "patterns" d'Alfred Neumann, se resserre et intrigue.
C'est bien cette masse étrange que mon œil immédiatement reconnut comme de son monde.
Comme on dit, regardons :



Les plus brutalistes d'entre nous (je sais qui vous êtes...) auront eu un arrêt du cœur.
La beauté ça fait ça des fois.
Cette Faculté est de l'architecte Alfred Neumann.
Je ne m'étendrai pas sur son parcours, vous trouverez facilement des informations sérieuses sur son histoire ici et cela m'économise un peu.
 https://archkiosk.com/2015/02/23/space-packing-architecture-the-life-and-work-of-alfred-neumann/
J'aime beaucoup l'idée qu'il fut un élève de Perret !





Que nous dit la carte postale des éditions Palphot ?
Danciger Building, Faculty of Mechanical Engineering on the Campus of the Technion, Israel Institute of technology. 
Nous sommes à Haïfa.

Pas de nom d'architecte, ni de date.
On s'en fiche, on fouillera dans l'Architecture d'Aujourd'hui et on y verra que la revue associe à Alfred Neumann, un autre grand architecte Zvi Hecker :













jeudi 30 juin 2016

Loos ou Loos, l'ornement et le crime

Bon.
Il faut savoir se réjouir de tout.
De tout.
Regardons :



N'est-elle pas représentative du genre, cette carte postale ?
N'est-elle pas à l'exact de ce que vous attendez sur ce blog ?
Une tour Kennedy (sic!) un rien sèche, comme ça, si on la regarde vite, si on ne lui prête que des arguments de façade et une construction basse, continue, recouverte d'un milliers de modules aluminium en Sculptura Panels que nous avons déjà vu sur ce blog et que nous aimons particulièrement. Le contraste entre les deux architectures, l'une verticale, l'autre horizontale, le vide du premier plan, le ciel parfait, tout cela produit une image et donc une carte postale qu'aujourd'hui nous regardons soit avec joie soit avec dédain, riant un peu de cet espace.
Remercions les éditions de l'Europe.
D'abord n'oublions jamais que cette tour Kennedy fut une réponse. Sans doute pas, forcément une bonne solution mais une réponse. Et que je suis de ceux qui en aiment l'économie assumée, la verticalité assumée, l'indigence presque assumée. J'en aime sa rectitude et son poids. Puis, la répétition des modules s'étendant à l'infini, répétition ordonnée, placide, joyeuse à elle-même produit l'idée que l'architecture pourrait s'étendre sans hésitation sur la surface du globe.





Mais une difficulté inattendue va surgir.
D'habitude pour trouver et nommer un architecte, il suffit sur un moteur de recherche de taper le nom du lieu et le programme de l'architecture pour assez souvent avoir une réponse. Mais ici, nous sommes dans une ville qui pose un problème....La ville s'appelle... Loos...
Ainsi, le moteur de recherche a vite fait de vous promener vers Adolf Loos au lieu de vous amener en ville ! Pourtant, je trouve le nom de l'architecte de la cité les Oliveaux, il s'agirait de Jean-Pierre Secq que la page wikipédia nomme même...Brutaliste ! On fait un beau cercle ! Sec et brutal.
Il est évident qu'à l'époque de la construction, notre architecte Jean-Pierre Secq connait bien l'histoire de l'architecture et donc l'homonymie entre la ville de Loos et Adolf Loos. Cela a-t-il éclairé d'une manière ou d'une autre son chantier de la cité les Oliveaux ? Si on en croit la tour Kennedy oui, si on en croit le gymnase (salle de sport) non !
Car si l'ornement est un crime, sur cette salle de sport, il y a eu des milliers de morts ! Car le rôle de ce module est bien dans sa sagesse de rapidement construire une façade dessinée et cinétique agissant comme une claustra sans autre question architecturale que la jouissance de l'œil. Mais après tout, Monsieur Loos, on aime aussi cela. Car ici le décor, l'ornement sont bien dans leur infini (et seulement dans leur infini) une réponse possible à certaines questions comme la peau d'un bâtiment, l'ordonnancement de sa pénétrabilité ici troublée par la régularité, la fabrication d'une masse, la répartition possible de la lumière intérieure par la fabrication d'un filtre ou, encore, comment construire un volume régulier épaissi par une coquille régulatrice. Je crois au contraste, je crois que Jean-Pierre Secq a vu la possibilité ici de jouer entre la verticalité de ses logements et l'horizontalité de sa salle de sport. Je crois qu'il a offert au premier la force, le rocher, un dégagement de la vue, une vigie puis à l'autre, à l'espace du loisir, comme un habillage, presque une joaillerie brillante, luxueuse, joyeuse qui permet à la fois de déterminer les fonctions de l'un et de l'autre en identifiant facilement les programmes. Cela vaut bien toutes les théories, toutes les diktats des Maîtres, qui, a force d'être répétés dans un vide deviennent non plus des positions mais des dictons.
"L'ornement est un crime" dont parfois personne, et surtout pas moi aujourd'hui, ne voudra faire le procès.
Et, vue la production de Jean-Pierre Secq dans le Nord et surtout à Lille, il pourrait bien devenir l'un de nos architectes favoris, membre de Droits du Comité de Vigilance Brutaliste.
Et une homonymie vaut bien un article.
Bonne journée.




mercredi 29 juin 2016

Ne pas confondre Brutalisme et vraie brutalité



Gérard Delorme a-t-il inventé cette composition ?
Sur cette carte postale sidérante, on trouve à la fois la puissance irrésolue à construire, une histoire visible et la subtilité démente d'une couleur étendue.
Comment ne pas saisir l'opportunité d'une fiction ? Comment douter que le photographe de cette carte postale qui signe en bas à droite son cliché sait qu'il réalise là une image de Riyadh parfaite ?
Cette opposition volontaire entre une architecture de terre traditionnelle de la ville et le surgissement d'une tour qui épuise son fronton aveugle afin de monter, comme à Babel, vers le ciel bleu, raconte bien le destin des villes. Ici Gérard Delorme ne nomme pas la tour, ne dit rien de sa fonction. L'édition Tag Art's Saudia à Jeddah ne se décide pas pour plus de détails voulant surtout confronter la modernité d'une ville millénaire à une modernité affolante et belle venant sans remords se confronter à l'épuisement des terres agglutinées en murailles solides. Même maçons ?
Je ne suis jamais allé à Riyadh et sans doute que je n'irai pas. Il ne faut pas aller en touriste dans les villes dans lesquelles des droits élémentaires sont bafoués. Ville violente à ceux que j'aime.
Je reste derrière cette image, cette photographie. Je reste derrière ce mur que, moi, je choisis.
Pendant un temps, pendant un temps à la fois instantané comme la construction rapide d'une tour et un temps infini comme celui de l'histoire des murs de terre, je pense à ceux qui ne peuvent vivre leur vie. Et même pas cette somptueuse composition de Gérard Delorme ne me fera oublier que derrière des murs ainsi construits, certains attendent le pire.
Désolé. Pas de poésie ni de fictions possibles face à un réel que la carte postale ne raconte pas.
Voilà ce qu'il faut raconter de l'architecture de cette ville.
Les architectes qui y construisent sont complices :
https://www.amnesty.org/fr/countries/middle-east-and-north-africa/saudi-arabia/report-saudi-arabia/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_LGBT_en_Arabie_saoudite